Parents, vous êtes condamnés à une double peine : non seulement vous ne dormez pas mais en plus mais en plus vous êtes coupable !

 Au hasard d’une promenade :                                                                                                                     

  • « Oh quel beau bébé, félicitation ! »
  • « merci »
  • « Vous l’allaitez ?»
  • « … oui »
  • « Ah, c’est bien … est-ce qu’il fait ses nuits ? »
  • Version 1, en toute honnêteté « Non il se réveille encore souvent ! »
  • Version 2, vous mentez pour éviter la discussion « Il dort bien, merci »
  • Version 3, vous faites partie des chanceuses et il est peu probable que vous lisiez cet article 😉 «Oui, iI fait de super belles nuit »

 Ce genre de petit dialogue fait-il partie de votre vie de maman ? J’imagine que oui !

Il a fait partie de la mienne en tout cas ! L’allaitement et le sommeil des bébés sont des sujets qui ne laissent pas indifférent. La majorité des personnes que vous croisez ont un avis sur la question et plusieurs d’entre elles ne vont pas se gêner pour vous donner des conseils plus ou moins désirés et plus ou moins culpabilisants.

Personnellement pour ma fille ainée j’ai rapidement pu passer à la version 3 et répondre avec fierté que oui elle dormait super bien. Mes trois autres enfants m’ont appris l’humilité et j’ai compris que je n’avais aucun crédit à prendre pour ces bonnes nuits. J’avais seulement eu beaucoup de chance ! Dans notre société occidentale, le sommeil est vu comme une réussite ou un échec des parents. C’est une performance, une responsabilité ! Notre bébé n’a que quelques semaines ou mois et il devrait déjà performer, se conformer à ce que les adultes attendent de lui. Les réveils nocturnes sont vraiment considérés comme un échec de notre maternage. Double peine, non seulement on ne dort pas mais en plus on est coupable !

Pour mon deuxième enfant, après quelques réponses de la version 1, je suis rapidement passée à la version 2. Je n’osais plus dire que mon bébé ne faisait pas ses nuits. Je mentais pour avoir la paix ! Tout comme moi à cette époque de ma vie, vous vous êtes probablement demandée si votre bébé était normal, si il avait un trouble du sommeil et surtout si vous faisiez quelque chose de « pas correct » pour que votre bébé se réveille aussi souvent la nuit. Vous avez lu, questionné les réseaux sociaux en quête de solutions.

J’avais tout raté, mon bébé allait avoir des troubles du sommeil à l’âge adulte et j’allais devoir être ferme, très ferme pour rétablir la situation sinon on me prédisait le pire.

Je me sentais bonne à rien.

Je me souviens avoir lu un livre, au titre déprimant : « Mon enfant dort mal » après quelques pages je pleurais de découragement. J’avais tout raté, mon bébé allait avoir des troubles du sommeil à l’âge adulte et j’allais devoir être ferme, très ferme pour rétablir la situation sinon on me prédisait le pire. J’ai fermé le livre. J’ai abdiqué. Le moral en berne je suis allée le rendre à la bibliothèque en me disant qu’en plus d’avoir tout raté je n’étais même pas capable de prendre le problème à bras le corps et appliquer une méthode ferme. Je me sentais bonne à rien. J’ai par la suite trouvé des outils plus doux et bienveillants qui correspondaient mieux à ce que je voulais transmettre à mes enfants. Des outils qui respectaient mieux mes limites et mes besoins. Oh rien de magique, parce que comme le dit Rosa Jove dans son livre Dormir sans larmes, « Le sommeil est un processus évolutif, jamais un bébé ne dormira comme un adulte ».

En effet, les bébés ne sont pas supposés dormir comme des adultes. Leur sommeil évolue, et répond à leurs besoins du moment. Leur sommeil est aussi influencé par les défis qu’ils rencontrent. Je vous en parlerai dans un tout prochain article.

 

 

Références :

 Ball, H. B., « Supporting parents who are worried about their newborn’s sleep » BMJ (2013); 346

Jove, R. (2006). Dormir sans larmes. Les découvertes de la science du sommeil de 0 à 6 ans. Les arènes p 12

Thirion, M. et Challamel, M-J. (2005). Mon enfant dort mal.