Vous en avez ras le bol qu’on vous dise de vous faire confiance ? Je sais c’est dur ! Dur de se faire confiance quand on vient d’accoucher. Et c’est encore plus dur lorsque l’accouchement ne s’est pas passé comme prévu ou lorsque, cerise sur le gâteau, votre allaitement débute dans les larmes et la douleur.

Comment se faire confiance quand votre corps semble incapable de faire ce que les autres femmes ont l’air d’accomplir sans difficulté (notez bien « ont l’air ») ? Si vous n’avez pas pu mettre votre enfant au monde naturellement ou si vous n’arrivez pas à allaiter, vous vous demandez peut-être si vous serez capable de vous occuper de votre enfant.

Comment se faire confiance quand votre bébé est inconsolable, que tous les regards se tournent vers vous (celle qui devrait savoir) et que vous n’avez pas la moindre idée de quoi faire ?

Comment se faire confiance quand votre bébé est le premier bébé que vous prenez dans vos bras et que vos gestes reflètent votre manque de confiance ?

Comment se faire confiance quand tout le monde semble savoir mieux que vous, semble faire mieux que vous ?

La liste est longue de ces moments de grande solitude où on est supposée savoir et où on ne sait pas ! La pression est forte, le vertige peut être immense !

Alors, « Fais-toi confiance » moi j’veux bien, mais comment ? Voici quatre pistes.

1 Vous n’êtes pas la première ni la dernière, vous êtes normale.

Dites-vous que vous n’êtes pas la seule, que toutes les nouvelles mamans de ce monde et les précédentes aussi ont ressenti un immense vertige quand elles se sont retrouvées seules avec leur bébé. Et aussi incroyable que cela puisse paraitre elles y sont arrivées. Elles ont trouvé leur façon de faire, tout comme vous allez trouver la vôtre. Aussi paradoxal que cela puisse être la maternité, fonction on ne peut plus banale à l’échelle de l’humanité, reste, à l’échelle individuelle, une des plus grandes aventures d’une vie. Qui dit aventure, dit inconnu, incertitude, immenses bonheurs et grosses frayeurs.

2 Votre bébé n’attend pas de vous la perfection

La deuxième chose importante à réaliser est que les bébés vivent très bien avec l’imperfection de leur mère. Votre bébé ne fait pas exception. Vous n’avez pas besoin d’être parfaite, car votre bébé est capable de s’ajuster à vos hésitations. Oui, il vit dans l’instant présent, oui il veut très intensément que vous répondiez tout de suite, là, maintenant… parce qu’il ne connaît pas hier, pas demain et pas même « dans une minute mon amour ». Alors c’est ce que vous faites. Vous essayez, vous improvisez. Parfois, ça marche, d’autres non. L’important c’est le lien que vous tissez avec votre enfant dans la valse essai-erreur. Et d’ailleurs dans le doute, donnez le sein ! Je parie que vous ne m’avez pas attendue pour le faire et je vous confirme que non, vous ne gâtez pas votre bébé. Tout comme vous ne pouvez pas trop le nourrir ou lui donner de mauvaises habitudes. Et pour en finir avec la perfection, entre vous et moi, les mères qui ont l’air si sûres d’elles et que vous enviez tant improvisent, comme vous, à longueur de journée. Elles ont simplement un supplément de confiance. Elles ne doutent pas qu’elles vont finir par trouver le bon pas de danse, le bon rythme.

3 Les pleurs ne sont pas une affreuse bête que vous devez absolument faire taire dans l’instant.

Je vous arrête tout de suite. Non je ne suis pas en train de vous dire de laisser pleurer votre bébé seul, sans bouger le petit doigt. Loin de moi cette idée ! Les pleurs solitaires n’aident pas plus au développement des poumons que la saignée n’aide à soigner. Il existe cependant un grand malentendu vis-à-vis des pleurs et j’y reviendrai plus en détail dans un prochain article. Les pleurs signalent souvent un inconfort (faim, soif, ennui, besoin de changer de position, etc.), parfois, une douleur, mais aussi, et on en est moins conscient, un déséquilibre interne, une surcharge émotionnelle. Oui un besoin de relâcher des tensions pour retrouver un certain équilibre. Les pleurs sont un formidable outil à la disposition de tous pour calmer le système parasympathique autrement dit pour relaxer. Les bébés savent l’utiliser à trois conditions, qu’ils se sentent accompagnés, écoutés et en sécurité dans les bras d’un adulte bienveillant. Dans un article du magazine, Le Cercle Psy, Héloise Junier, explique que « les pleurs sont un puissant antistress ». La grande nuance est que consoler les pleurs ne signifie pas forcément les faire taire, donc inutile de rajouter de la stimulation à un cerveau probablement déjà trop stimulé en berçant, chantant, marchant, tapotant. En effet, l’idée est d’accueillir les pleurs. Alors oui ça peut paraitre étrange, mais c’est terriblement efficace. À la différence des pleurs solitaires qui augmentent le taux de cortisol (hormone du stress) dans le corps de votre bébé, les pleurs dans les bras, accueillis avec bienveillance, aident votre bébé à éliminer ce même cortisol.

4 Materner c’est un long voyage en bicyclette

Dans son livre Becoming Mum, Koa Whittingham, compare la maternité à la bicyclette : On est constamment en mouvement en train d’ajuster notre équilibre et obligée de regarder loin devant pour garder le cap. Si on ne regarde que le nid de poule (le problème qui remplit tout notre esprit), on va perdre l’équilibre et tomber. Si on arrive à regarder autour et au loin, le nid de poule ne va pas disparaitre, en revanche on va pouvoir embrasser la situation avec un peu plus de recul. Cependant, la difficulté, quand on vient d’avoir un bébé, est que dans votre esprit, le nid de poule se transforme bien souvent en gouffre insurmontable. C’est normal. Vous avez probablement également l’impression que le temps s’arrête et que la fatigue, le doute, parfois la douleur ne vous quitteront jamais. Vos valeurs, autrement dit ce qui compte le plus pour vous, vont vous donner la direction, la force et la dignité pour avancer malgré votre immense fatigue, vos incertitudes, vos tâtonnements et vos imperfections.

En conclusion :

  • Si vous tâtonnez, vous hésitez, vous êtes 100 % normale.
  • Si vous n’êtes pas parfaite, vous êtes encore une fois 100 % normale et votre bébé ne s’attend pas à la perfection.
  • Si votre bébé pleure et que vous ne savez plus quoi faire (vous l’avez allaité, changé), accueillez ses pleurs avec bienveillance. Ce n’est pas baisser les bras, c’est au contraire une stratégie antistress très efficace et si vous avez besoin, vous aussi, d’une cure antistress, abandonnez-vous dans des bras aimants et pleurez à votre tour. 😉
  • Enfin, gardez en tête vos valeurs, ce que vous voulez absolument transmettre à votre enfant et montez en selle. L’aventure commence, vous ne le regretterez pas !

Lorsque vous rencontrez des difficultés, n’hésitez jamais à demander l’aide de votre entourage, d’une professionnelle pour vous accompagner sur quelques pas ou le temps d’une chanson. Attention aux solutions tailles uniques et aux personnes qui veulent faire à votre place, car elles le feront à leur façon sans vous laisser la possibilité de trouver votre façon unique de danser avec votre bébé. Osez essayer, tâtonner, vous tromper parfois, réussir souvent pour découvrir, petit à petit, les talents maternels qui sommeillent en vous !

Alors oui, je le dis et je le répète, c’est écrit sur mes cartes d’affaires, mon site web, c’est le message que je veux transmettre à toutes les mères que je croise. J’y crois dur comme fer et même si c’est déroutant et frustrant.

« N’oubliez jamais, il y a autant de façon d’être mère qu’il y a de bébés, osez vous faire confiance ! » 

 

Références :

Whittingham K. (2013). Becoming Mum. Paperback

Solther A. (2015). Pleurs et colères des enfants et des bébés, comprendre et répondre aux émotions de son enfant.