Votre bébé ne dort pas ! 5 stratégies pour mieux vivre le manque de sommeil au quotidien

Votre bébé ne dort pas ! 5 stratégies pour mieux vivre le manque de sommeil au quotidien

Vous êtes épuisée, cet article est pour vous !

Le but de cet article n’est pas de vous présenter des techniques de modification du sommeil de votre bébé, j’y reviendrais à une autre occasion. Mon objectif est de vous outiller pour mieux vivre le manque de sommeil au quotidien. Que diriez-vous d’avoir des outils simples et efficaces pour relaxer, gagner en énergie malgré la fatigue, vivre la fatigue le plus sereinement possible ? En effet, si le manque de sommeil est épuisant, l’anticipation du manque de sommeil peut être extrêmement anxiogène.

  • Peut-être êtes-vous en train de mettre en place des techniques douces pour améliorer le sommeil de votre bébé. Les techniques douces demandent temps et patience or vous êtes épuisée et avez probablement zéro patience en poche. Continuez la lecture de cet article, je vous présenterai des moyens qui ont fait leurs preuves et qui aident à survivre au manque de sommeil. 
  • Peut-être avez-vous choisi la stratégie « je décide consciemment et volontairement de ne rien faire pour ajuster le sommeil de mon bébé au mien », c’est aussi une stratégie très valable. Dans ce cas, cet article est aussi pour vous. Eh oui ! ce n’est pas parce que vous acceptez le sommeil de votre bébé tel qu’il est, que vous n’avez pas le droit de vivre difficilement le manque de sommeil. Une femme qui accouche sans péridurale, qu’elle l’ait choisi ou non,  a le droit d’avoir mal, de la dire et on a le droit de l’accompagner pour mieux vivre cette douleur.

Alors si vous ne faites pas partie des rares chanceuses dont le bébé a commencé à dormir 6 à 8 heures d’affilée à 2 mois, voici cinq stratégies pour mieux vivre le manque de sommeil au quotidien

 

1 Revoir ses attentes :

 

Une étude menée par Marie-Hélène Pennestri  de  l’université Mc Gill, publiée en novembre 2018, montre qu’à 6 mois 57% des 388 bébés étudiés ne dormaient pas 8 heures d’affilée. À un an, ils étaient 47% à dormir le Saint-Graal de 8 heures consécutives. L’auteure de l’étude suggère que les attentes de la société occidentale vis-à-vis du sommeil sont bien trop élevées. Elles mènent à toutes sortes de programmes de modifications du sommeil qui sont, selon moi, souvent trop précoces. L’étude montre par ailleurs que les enfants qui ne font pas leurs nuits à 6 mois ou à 1 an n’accusent aucun retard de développement psychomoteur ou mental. Enfin, aucun impact n’a été montré sur la santé mentale des mères.

C’est une excellente nouvelle, votre bébé de 6 mois ou 1 an qui ne dort pas des nuits complètes au sens où la société l’entend est tout à fait dans la NORME et son développement futur n’est pas compromis.

Je sais, ça ne résout pas votre problème de manque de sommeil, la fatigue demeure tapie derrière vos sauts d’humeur, vos larmes refoulées et votre cerveau en compote. Cependant, maintenant que vous savez que votre bébé a un comportement normal,  le stress et la culpabilité devraient fondre ! Vous n’êtes pas en échec de votre maternage, vous avez simplement un bébé qui dort … comme un bébé, pas comme une carte postale ! 

Avoir le moral ne résout pas le manque de sommeil, il en allège les conséquences. Vous pouvez choisir désormais sans culpabiliser de vous ajuster au sommeil de votre bébé sans forcément vouloir ajuster votre bébé à votre sommeil, ça viendra en son temps.

 

2 La microsieste

 

La microsieste permet aux navigateurs en solitaire de faire le tour du monde tout en dormant par épisodes de 10 à 15 minutes. Les nouveaux parents devraient avoir l’entrainement des navigateurs en solitaires, ce serait tellement plus facile et nettement moins stressant de manquer de sommeil.

La technique consiste à dormir un maximum de 20 minutes pour commencer un cycle de sommeil (90 à 120 minutes) sans tomber dans le sommeil profond dont il est très difficile de sortir. Les adultes et les bébés à partir de 9 mois, s’endorment en sommeil léger, puis tombent en sommeil profond, enchainent avec le sommeil paradoxal et recommencent un nouveau cycle en sommeil léger ou se réveillent. Un petit passage de 10, 15 ou 20 minutes en sommeil léger recharge les batteries et ne vous laissera pas avec l’impression d’être encore plus mal fichue après la sieste qu’avant. Pourquoi ? Parce que contrairement au sommeil profond, il est très facile de se réveiller et d’être fonctionnel au milieu d’une phase de sommeil léger.

Comment faire ? Quand votre bébé sombre pour une durée indéterminée (20, 45 minutes, 1heure ou 2 pour les plus chanceuses), allongez-vous, mettez votre téléphone sur mode avion avec une minuterie dans 20 minutes. Essayez de relaxer en ressentant une à une toutes les parties de votre corps sur votre surface de sommeil. Ne vous mettez pas la pression, dormir n’est pas une performance. Si le sommeil vient, tant mieux. Sinon dites-vous que vous avez relaxé 20 minutes et c’est déjà beaucoup ! Avec un peu de pratique et dépendamment de votre niveau de stress, le sommeil finit souvent par s’inviter. Persévérez, ça en vaut la peine !

 

3 La cohérence cardiaque

 

La cohérence cardiaque est un exercice simple de respiration. Elle permet de rythmer votre respiration afin de réguler votre rythme cardiaque et d’avoir un impact sur votre système nerveux parasympathique. Celui-ci favorise entre autres la récupération, la relaxation et le repos. Quoi de mieux pour des parents fatigués ! 

L’état de cohérence cardiaque influence principalement la régulation du cortisol (hormone du stress) et a donc un effet bénéfique sur votre niveau de stress et d’anxiété. 

La technique est simple, il suffit de s’assoir, dos droit, d’inspirer 5 secondes par le nez, d’expirer  5 secondes par la bouche et de continuer pendant 5 minutes. L’apaisement est immédiat et si vous pratiquez la cohérence cardiaque, toutes les 4 à 6 heures soit à peu près 4 fois par jour, les études montrent des bienfaits sur le moyen et long terme. Il existe des applications gratuites telles que Respirelax qui fonctionnent très bien et permettent d’avoir un support visuel (une bulle qui monte et qui descend) ou auditif (un tintement chaque 5 secondes).

Concrètement, puisque vos journées sont rythmées par les changements de couches et les tétées, pourquoi ne pas respirer en cohérence cardiaque 5 minutes en allaitant, si l’allaitement va bien et avant d’allaiter si l’allaitement va moins bien (vous serez plus calme et moins tendu à l’idée d’allaiter)

 

4 La relaxation

 

La relaxation consiste à supprimer les tensions physiques et musculaires, en apaisant le système nerveux central pour revenir ainsi à un état d’équilibre physique et mental. La pratique de la relaxation diminue l’anxiété et améliore le sommeil. Elle est donc toute indiquée pour les nouveaux parents épuisés et angoissés par le manque de sommeil. 

Dr Koa Whittingham et Dr Pamela Douglas auteures de The Possums Sleep Workbook, Foudation for Healthy Parent -Baby Sleep, expliquent qu’il est important de comprendre qu’il est complètement normal et sain de se sentir stressée, anxieuse ou agitée par moments ou encore surexcitée, à d’autres moments de la journée. La relaxation permet à notre corps de passer de ces états d’émotions intenses à un  état d’équilibre calme et apaisant. Être capable de s’apaiser au cours de la journée favorise un meilleur sommeil pour maman et bébé. 

Alors, relaxer, oui, mais comment ? Il existe de nombreuses techniques. Voici une liste proposée par les Dr Koa Whittingham et Pamela Douglas, choisissez celles qui vous tentent, certaines peuvent être faites avec votre bébé le temps d’un allaitement ou d’une promenade, pour d’autres il faudra attendre une sieste de votre bébé même si elles sont courtes :

 

  • Allaiter
  • Yoga ou Tai chi
  • Faire l’amour
  • Un bain chaud
  • Cajoler bébé
  • Écouter de la musique relaxante
  • Méditer
  • Se faire masser (et j’ajouterais masser bébé)
  • Passer du temps avec son conjoint(e)
  • Passer du temps avec des amis
  • Boire une boisson chaude (sans caféine)
  • Lire (tout dépend du contenu)
  • Regarder la télévision (tout dépend du contenu)
  • Surfer sur internet (tout dépend du contenu)
  • Relaxation progressive guidée
  • Respiration profonde

 

Il existe de nombreuses applications de relaxation guidée. Je recommande la relaxation yoga Nidra. Profitez d’une microsieste de votre bébé. Vous avez besoin de 20 minutes avec cette vidéo. Ça tombe bien les microsiestes de votre bébé ne durent souvent que 20 à 30 minutes. Pour la méditation j’aime particulièrement l’application de Christophe André . J’aime le format de quelques minutes, le temps d’une tétée, d’un changement de couche en pleine conscience, d’une sieste de bébé dans vos bras. 

Voici quelques activités qui vont également détendre votre bébé : 

  • L’allaiter
  • La succion sur une suce ou un doigt
  • Les câlins
  • Le contact peau à peau
  • Le portage
  • Le toucher sain (massage)
  • Le bercement de la poussette 

J’imagine que je ne vous apprends rien, cependant essayez de combiner les deux listes précédentes et vous pourriez trouver des activités relaxantes pour vous et votre bébé. Essayez de rendre la fameuse routine du soir relaxante pour vous aussi.

 

5 Le yoga


Que vous soyez adepte ou non, une yogi confirmée ou une inconnue des studios de yoga, voici quelques étirements et postures proposés par Roxana Ionas, professeure de yoga à Montréal. Vous pouvez faire ces étirements et postures avec votre bébé proche de vous. Elles vous procureront détente physique ou énergie renouvelée. Ce qui importe avant tout c’est de respirer profondément.

 

Pour une détente physique

 

Viparinta Karani est une posture réparatrice, elle apporte détente et apaisement. Elle calme le système nerveux, soulage la fatigue musculaire et contribue à rétablir la respiration tout en se reposant. 

Installez-vous proche d’un mur, sur le dos, vos jambes sont à la verticale le long du mur, vos deux fesses touchent le mur. Votre dos peut reposer sur une couverture pliée ou à même le sol, il va se détendre, vos jambes sont légères, votre diaphragme  s’ouvre et votre respiration est profonde et apaisée. Restez ainsi aussi longtemps que votre bébé vous en laisse l’occasion. 

La posture de l’enfant est tout simplement magique. Elle soulage les douleurs au dos. Elle permet d’étirer doucement les hanches, les cuisses et les chevilles. Elle apaise le mental et aide à soulager le stress et la fatigue. C’est LA position idéale pour les mamans en manque de sommeil qui n’ont qu’une seule envie, se mettre en boule dans le garde-robe et dormir enfin !
Inutile de vous cacher dans le garde-robe, suivez pas à pas les étapes du site yogajournalfrance.fr 

  • Placez-vous à quatre pattes, les genoux écartés de la largeur du tapis.
  • Joignez les gros orteils. Sur une longue expiration, baissez les hanches vers les talons et les chevilles tout en penchant le buste vers l’avant et relâchez les bras au sol devant vous, paumes vers le bas.
  • Détendez le dos et posez les sourcils au sol. Prenez le temps de vous recentrer sur plusieurs respirations. À l’inspiration, laissez la cage thoracique s’ouvrir. À l’expiration, ouvrez le cœur et ancrez les hanches dans le sol.
  • Après 1 minute, revenez dans une posture assise. 

Savasana est la posture de la détente profonde. Elle est moins simple qu’il n’y parait, mais d’une efficacité redoutable pour réduire le stress et la fatigue. Savasana, consiste à être allongée, complètement immobile sur le dos, au sol sur une couverture ou un tapis. « Ce n’est pas la même chose qu’être affalé devant la télé ou somnoler sur un sofa. Ce qui diffère dans l’expérience de savasana, c’est votre degré de vigilance. Au lieu de laisser vagabonder vos pensées comme d’habitude, de rêvasser, peut-être de planer un peu, ici vous devez maintenir votre attention fixée sur le corps totalement immobile. »

 

Enfin, pour une énergie renouvelée

 

La posture de la torsion allongée, est parfaite pour les mamans en manque de sommeil chronique. Cette position permet non seulement de soulager le stress et l’anxiété, mais aussi de se détendre et de gagner en énergie. Comment ? Suivez le guide

 

  • Allongez-vous sur votre dos
  • Pliez les deux genoux, avec les pieds à plat sur le sol
  • Laissez tomber doucement vos genoux sur un côté
  • Ouvrez les bras avec les paumes tournées vers le haut ou vers le bas
  • Tournez la tête dans la direction opposée aux genoux
  • Respirez lentement et profondément avec le ventre
  • Maintenez la position pendant au moins 3 à 5 respirations
  • Répéter la même chose de l’autre côté pour harmoniser le corps.

 

 

La révision de vos attentes, la microsieste, la cohérence cardiaque, la relaxation et le yoga sont des outils simples et très efficaces dans la gestion de la fatigue et du stress. Le manque de sommeil est épuisant, l’anticipation du manque de sommeil l’est encore plus. Choisissez les stratégies qui vous parlent le plus, suivez votre intuition !

 

Grace à cette boite à outils, je vous souhaite de vivre votre maternage avec confiance et sérénité, sans avoir l’impression de passer à côté des premiers mois avec votre bébé, une période à la fois intensément belle et intensément chaotique. 

 

 

 

Références :

“Uninterrupted infant sleep, development and maternal mood” by Marie-Hélène Pennestri et al in Pediatricshttps://doi.org/10.1542/peds.2017-4330.

https://www.passeportsante.net/fr/Therapies/Guide/Fiche.aspx?doc=la-coherence-cardiaque

Whittingham K. (2013). Becoming Mum. Paperback

Whittingham K et Douglas P, The Possums Sleep Workbook, Foudation for Healthy Parent -Baby Sleep 

https://www.guerrierpacifique.fr/posture-savasana-meditation/

« Nouvelles mamans faites-vous confiance ! » J’veux bien, mais comment ?

« Nouvelles mamans faites-vous confiance ! » J’veux bien, mais comment ?

Vous en avez ras le bol qu’on vous dise de vous faire confiance ? Je sais c’est dur ! Dur de se faire confiance quand on vient d’accoucher. Et c’est encore plus dur lorsque l’accouchement ne s’est pas passé comme prévu ou lorsque, cerise sur le gâteau, votre allaitement débute dans les larmes et la douleur.

Comment se faire confiance quand votre corps semble incapable de faire ce que les autres femmes ont l’air d’accomplir sans difficulté (notez bien « ont l’air ») ? Si vous n’avez pas pu mettre votre enfant au monde naturellement ou si vous n’arrivez pas à allaiter, vous vous demandez peut-être si vous serez capable de vous occuper de votre enfant.

Comment se faire confiance quand votre bébé est inconsolable, que tous les regards se tournent vers vous (celle qui devrait savoir) et que vous n’avez pas la moindre idée de quoi faire ?

Comment se faire confiance quand votre bébé est le premier bébé que vous prenez dans vos bras et que vos gestes reflètent votre manque de confiance ?

Comment se faire confiance quand tout le monde semble savoir mieux que vous, semble faire mieux que vous ?

La liste est longue de ces moments de grande solitude où on est supposée savoir et où on ne sait pas ! La pression est forte, le vertige peut être immense !

Alors, « Fais-toi confiance » moi j’veux bien, mais comment ? Voici quatre pistes.

1 Vous n’êtes pas la première ni la dernière, vous êtes normale.

Dites-vous que vous n’êtes pas la seule, que toutes les nouvelles mamans de ce monde et les précédentes aussi ont ressenti un immense vertige quand elles se sont retrouvées seules avec leur bébé. Et aussi incroyable que cela puisse paraitre elles y sont arrivées. Elles ont trouvé leur façon de faire, tout comme vous allez trouver la vôtre. Aussi paradoxal que cela puisse être la maternité, fonction on ne peut plus banale à l’échelle de l’humanité, reste, à l’échelle individuelle, une des plus grandes aventures d’une vie. Qui dit aventure, dit inconnu, incertitude, immenses bonheurs et grosses frayeurs.

2 Votre bébé n’attend pas de vous la perfection

La deuxième chose importante à réaliser est que les bébés vivent très bien avec l’imperfection de leur mère. Votre bébé ne fait pas exception. Vous n’avez pas besoin d’être parfaite, car votre bébé est capable de s’ajuster à vos hésitations. Oui, il vit dans l’instant présent, oui il veut très intensément que vous répondiez tout de suite, là, maintenant… parce qu’il ne connaît pas hier, pas demain et pas même « dans une minute mon amour ». Alors c’est ce que vous faites. Vous essayez, vous improvisez. Parfois, ça marche, d’autres non. L’important c’est le lien que vous tissez avec votre enfant dans la valse essai-erreur. Et d’ailleurs dans le doute, donnez le sein ! Je parie que vous ne m’avez pas attendue pour le faire et je vous confirme que non, vous ne gâtez pas votre bébé. Tout comme vous ne pouvez pas trop le nourrir ou lui donner de mauvaises habitudes. Et pour en finir avec la perfection, entre vous et moi, les mères qui ont l’air si sûres d’elles et que vous enviez tant improvisent, comme vous, à longueur de journée. Elles ont simplement un supplément de confiance. Elles ne doutent pas qu’elles vont finir par trouver le bon pas de danse, le bon rythme.

3 Les pleurs ne sont pas une affreuse bête que vous devez absolument faire taire dans l’instant.

Je vous arrête tout de suite. Non je ne suis pas en train de vous dire de laisser pleurer votre bébé seul, sans bouger le petit doigt. Loin de moi cette idée ! Les pleurs solitaires n’aident pas plus au développement des poumons que la saignée n’aide à soigner. Il existe cependant un grand malentendu vis-à-vis des pleurs et j’y reviendrai plus en détail dans un prochain article. Les pleurs signalent souvent un inconfort (faim, soif, ennui, besoin de changer de position, etc.), parfois, une douleur, mais aussi, et on en est moins conscient, un déséquilibre interne, une surcharge émotionnelle. Oui un besoin de relâcher des tensions pour retrouver un certain équilibre. Les pleurs sont un formidable outil à la disposition de tous pour calmer le système parasympathique autrement dit pour relaxer. Les bébés savent l’utiliser à trois conditions, qu’ils se sentent accompagnés, écoutés et en sécurité dans les bras d’un adulte bienveillant. Dans un article du magazine, Le Cercle Psy, Héloise Junier, explique que « les pleurs sont un puissant antistress ». La grande nuance est que consoler les pleurs ne signifie pas forcément les faire taire, donc inutile de rajouter de la stimulation à un cerveau probablement déjà trop stimulé en berçant, chantant, marchant, tapotant. En effet, l’idée est d’accueillir les pleurs. Alors oui ça peut paraitre étrange, mais c’est terriblement efficace. À la différence des pleurs solitaires qui augmentent le taux de cortisol (hormone du stress) dans le corps de votre bébé, les pleurs dans les bras, accueillis avec bienveillance, aident votre bébé à éliminer ce même cortisol.

4 Materner c’est un long voyage en bicyclette

Dans son livre Becoming Mum, Koa Whittingham, compare la maternité à la bicyclette : On est constamment en mouvement en train d’ajuster notre équilibre et obligée de regarder loin devant pour garder le cap. Si on ne regarde que le nid de poule (le problème qui remplit tout notre esprit), on va perdre l’équilibre et tomber. Si on arrive à regarder autour et au loin, le nid de poule ne va pas disparaitre, en revanche on va pouvoir embrasser la situation avec un peu plus de recul. Cependant, la difficulté, quand on vient d’avoir un bébé, est que dans votre esprit, le nid de poule se transforme bien souvent en gouffre insurmontable. C’est normal. Vous avez probablement également l’impression que le temps s’arrête et que la fatigue, le doute, parfois la douleur ne vous quitteront jamais. Vos valeurs, autrement dit ce qui compte le plus pour vous, vont vous donner la direction, la force et la dignité pour avancer malgré votre immense fatigue, vos incertitudes, vos tâtonnements et vos imperfections.

En conclusion :

  • Si vous tâtonnez, vous hésitez, vous êtes 100 % normale.
  • Si vous n’êtes pas parfaite, vous êtes encore une fois 100 % normale et votre bébé ne s’attend pas à la perfection.
  • Si votre bébé pleure et que vous ne savez plus quoi faire (vous l’avez allaité, changé), accueillez ses pleurs avec bienveillance. Ce n’est pas baisser les bras, c’est au contraire une stratégie antistress très efficace et si vous avez besoin, vous aussi, d’une cure antistress, abandonnez-vous dans des bras aimants et pleurez à votre tour. 😉
  • Enfin, gardez en tête vos valeurs, ce que vous voulez absolument transmettre à votre enfant et montez en selle. L’aventure commence, vous ne le regretterez pas !

Lorsque vous rencontrez des difficultés, n’hésitez jamais à demander l’aide de votre entourage, d’une professionnelle pour vous accompagner sur quelques pas ou le temps d’une chanson. Attention aux solutions tailles uniques et aux personnes qui veulent faire à votre place, car elles le feront à leur façon sans vous laisser la possibilité de trouver votre façon unique de danser avec votre bébé. Osez essayer, tâtonner, vous tromper parfois, réussir souvent pour découvrir, petit à petit, les talents maternels qui sommeillent en vous !

Alors oui, je le dis et je le répète, c’est écrit sur mes cartes d’affaires, mon site web, c’est le message que je veux transmettre à toutes les mères que je croise. J’y crois dur comme fer et même si c’est déroutant et frustrant.

« N’oubliez jamais, il y a autant de façon d’être mère qu’il y a de bébés, osez vous faire confiance ! » 

 

Références :

Whittingham K. (2013). Becoming Mum. Paperback

Solther A. (2015). Pleurs et colères des enfants et des bébés, comprendre et répondre aux émotions de son enfant. 

La clé pour mieux comprendre le sommeil de votre enfant : les nouveau-nés

La clé pour mieux comprendre le sommeil de votre enfant : les nouveau-nés

Le sommeil de votre bébé répond à ses besoins, c’est formidable !

 

Comme je l’expliquais dans mon article précédent sur le sommeil, les bébés ne sont pas supposés dormir comme des adultes. Leur sommeil évolue, et répond à leurs besoins du moment et malheureusement pas à nos besoins. Leur sommeil est aussi influencé par les défis qu’ils rencontrent. Aussi épuisant que cela puisse être, nos bébés ne font pas nos nuits, mais leurs nuits et dans la grande majorité des cas, ils bénéficient de tout le sommeil dont ils ont besoin.

Cela ne veut pas dire qu’il n’y a rien à faire pour vous aider à mieux vivre le manque de sommeil et vous ajuster au rythme de votre bébé, tout en amenant tranquillement votre enfant, vers des nuits qui conviennent à tous.

Cet article se concentre sur le pourquoi et non le comment. Je donnerai des outils dans une autre publication.

Voulez-vous que je vous donne la clé pour comprendre le sommeil de votre nouveau-né ?

SON SOMMEIL RÉPOND À SES BESOINS, POURQUOI ?

La mission #1 d’un bébé est de survivre. Pour cela, il doit grandir, développer son cerveau et s’assurer de la présence d’un adulte toujours en éveil. Les bébés doublent leur poids en 4 mois environ, leur cerveau, à la naissance, plus immature que celui d’un chimpanzé naissant, aura doublé de volume à 1 an.

Avec un tel mandat, pas étonnant que les nourrissons dorment beaucoup (entre 14 et 20h par jour), se réveillent souvent et mangent très fréquemment (10,12, 14 fois par jours).

Par ailleurs, toutes ces tétées leur offrent autant d’occasions de câlins, de stimulations et d’interactions dont leur cerveau a besoin.

Si les nourrissons vivent dans un espace-temps où le jour et la nuit s’entremêlent, c’est que leur corps est indifférent à l’environnement lumineux et n’a pas besoin de faire la différence entre les deux. Ils dorment par cycles de 50 minutes environ et se réveillent très souvent.

Pourquoi tant de réveils? Voici deux raisons,

La première est liée à la structure du sommeil. Le sommeil agité pendant lequel le cerveau de votre bébé travaille fort, trie, organise, représente 50% à 60% du sommeil total, contre 25% à l’âge adulte. Or le sommeil agité qui deviendra plus tard le sommeil paradoxal, est plus léger que le sommeil calme et offre de nombreuses occasions de réveil. Pendant les périodes de sommeil calme, les bébés sont beaucoup plus difficiles à réveiller, leurs muscles sont détendus et leur respiration est calme et parfois imperceptible. C’est quand votre bébé est en sommeil profond qu’il vous arrive peut-être de paniquer en pensant qu’il ne respire plus ! Maintenant, je suis certaine que vous voyez exactement de quoi je parle. Malheureusement pour nous parents, les périodes de sommeil calme sont en proportion moins importantes. En revanche, vous l’avez certainement remarqué, dormir dans vos bras va aider votre bébé à enchainer plusieurs cycles sans se réveiller. Il se sent en sécurité.

La deuxième raison est la suivante, l’estomac d’un nourrisson est tout petit et le lait maternel, parfaitement adapté au corps des bébés, se digère très facilement. Il est donc normal et nécessaire que bébé tète souvent.

Ainsi, le sommeil des bébés tel qu’il est structuré leur donne tout ce dont ils ont besoin pour grandir et se développer. Il est évident que le rythme de bébé est difficile à suivre et peu compatible avec nos modes de vie moderne.

Cependant, retenez qu’en se réveillant souvent, les bébés s’assurent :

  • De manger souvent pour grandir et nourrir un cerveau qui travaille et se développe à une vitesse incroyable
  • D’avoir une proximité physique et sensorielle avec leur mère. Le toucher permet au cerveau (encore lui) de se développer adéquatement.
  • De stimuler suffisamment la production lactée de leur mère. Les 6 premières semaines sont une période critique dans l’établissement de la production.
  • De ne pas passer trop de temps en sommeil profond ce qui serait un facteur de protection contre la mort subite du nourrisson.
  • D’avoir la présence d’un adulte toujours en éveil pour s’occuper de lui, le nourrir, le protéger. Il en va de la survie de votre bébé et à plus grande échelle de la survie de l’espèce. Évidemment nous ne vivons plus dans des cavernes et les risques de se faire manger par une grosse bête sauvage sont réduits à néant. Le cerveau de bébé ne le sait pas !
  • De s’attacher à sa mère et que sa mère s’attache à lui. Le jeu des hormones de l’allaitement et du maternage provoque une sensation de manque chez la mère quand elle s’éloigne de son bébé et favorise ainsi l’attachement.

C’est merveilleux n’est-ce pas ! Épuisant aussi, je sais !

Dans le deuxieme article de la série « Les clés pour mieux comprendre le sommeil de votre enfant »,  je vous donne les clés pour le sommeil de 2 à 6-9 mois.

 

 

Sources :

Jove, R. (2006). Dormir sans larmes. Les découvertes de la science du sommeil de 0 à 6 ans. Les arènes p 16-37

Challamel, MJ. et Louis J., Le sommeil de l’enfant, du nourrisson à l’adolescent La physiologie du sommeil. http://sommeil.univ-lyon1.fr/articles/cfes/sante/enfant.php

Sunderland, M. (2016) La science au service des parents. Comprendre et élever son enfant grâce aux avancées scientifiques. Hurtubise.

Helen Ball https://www.isisonline.org.uk/hcp/how_babies_sleep/normal_sleep_development/ et https://www.isisonline.org.uk/hcp/how_babies_sleep/why_babies_sleep_as_they_do/

Sommeil de mon bébé, qu’on me laisse tranquille !

Sommeil de mon bébé, qu’on me laisse tranquille !

Parents, vous êtes condamnés à une double peine : non seulement vous ne dormez pas mais en plus mais en plus vous êtes coupable !

 Au hasard d’une promenade :                                                                                                                     

  • « Oh quel beau bébé, félicitation ! »
  • « merci »
  • « Vous l’allaitez ?»
  • « … oui »
  • « Ah, c’est bien … est-ce qu’il fait ses nuits ? »
  • Version 1, en toute honnêteté « Non il se réveille encore souvent ! »
  • Version 2, vous mentez pour éviter la discussion « Il dort bien, merci »
  • Version 3, vous faites partie des chanceuses et il est peu probable que vous lisiez cet article 😉 «Oui, iI fait de super belles nuit »

 Ce genre de petit dialogue fait-il partie de votre vie de maman ? J’imagine que oui !

Il a fait partie de la mienne en tout cas ! L’allaitement et le sommeil des bébés sont des sujets qui ne laissent pas indifférent. La majorité des personnes que vous croisez ont un avis sur la question et plusieurs d’entre elles ne vont pas se gêner pour vous donner des conseils plus ou moins désirés et plus ou moins culpabilisants.

Personnellement pour ma fille ainée j’ai rapidement pu passer à la version 3 et répondre avec fierté que oui elle dormait super bien. Mes trois autres enfants m’ont appris l’humilité et j’ai compris que je n’avais aucun crédit à prendre pour ces bonnes nuits. J’avais seulement eu beaucoup de chance ! Dans notre société occidentale, le sommeil est vu comme une réussite ou un échec des parents. C’est une performance, une responsabilité ! Notre bébé n’a que quelques semaines ou mois et il devrait déjà performer, se conformer à ce que les adultes attendent de lui. Les réveils nocturnes sont vraiment considérés comme un échec de notre maternage. Double peine, non seulement on ne dort pas mais en plus on est coupable !

Pour mon deuxième enfant, après quelques réponses de la version 1, je suis rapidement passée à la version 2. Je n’osais plus dire que mon bébé ne faisait pas ses nuits. Je mentais pour avoir la paix ! Tout comme moi à cette époque de ma vie, vous vous êtes probablement demandée si votre bébé était normal, si il avait un trouble du sommeil et surtout si vous faisiez quelque chose de « pas correct » pour que votre bébé se réveille aussi souvent la nuit. Vous avez lu, questionné les réseaux sociaux en quête de solutions.

J’avais tout raté, mon bébé allait avoir des troubles du sommeil à l’âge adulte et j’allais devoir être ferme, très ferme pour rétablir la situation sinon on me prédisait le pire.

Je me sentais bonne à rien.

Je me souviens avoir lu un livre, au titre déprimant : « Mon enfant dort mal » après quelques pages je pleurais de découragement. J’avais tout raté, mon bébé allait avoir des troubles du sommeil à l’âge adulte et j’allais devoir être ferme, très ferme pour rétablir la situation sinon on me prédisait le pire. J’ai fermé le livre. J’ai abdiqué. Le moral en berne je suis allée le rendre à la bibliothèque en me disant qu’en plus d’avoir tout raté je n’étais même pas capable de prendre le problème à bras le corps et appliquer une méthode ferme. Je me sentais bonne à rien. J’ai par la suite trouvé des outils plus doux et bienveillants qui correspondaient mieux à ce que je voulais transmettre à mes enfants. Des outils qui respectaient mieux mes limites et mes besoins. Oh rien de magique, parce que comme le dit Rosa Jove dans son livre Dormir sans larmes, « Le sommeil est un processus évolutif, jamais un bébé ne dormira comme un adulte ».

En effet, les bébés ne sont pas supposés dormir comme des adultes. Leur sommeil évolue, et répond à leurs besoins du moment. Leur sommeil est aussi influencé par les défis qu’ils rencontrent. Je vous en parlerai dans un tout prochain article.

 

 

Références :

 Ball, H. B., « Supporting parents who are worried about their newborn’s sleep » BMJ (2013); 346

Jove, R. (2006). Dormir sans larmes. Les découvertes de la science du sommeil de 0 à 6 ans. Les arènes p 12

Thirion, M. et Challamel, M-J. (2005). Mon enfant dort mal.

Devenir maman, le grand malentendu !

Devenir maman, le grand malentendu !

Ce n’est pas parce que c’est naturel que c’est forcément facile.

 

Vous venez d’accoucher, il y a quelques heures, quelques jours, quelques semaines, vous ne savez plus trop, les jours et les nuits s’entremêlent. Vous ne savez plus vraiment qui vous êtes ni parfois et pour quelques instants seulement, pourquoi vous avez tant voulu devenir mère !

Votre ventre de femme enceinte que tout le monde admirait est maintenant mou et vide. Tous les regards sont désormais tournés vers votre enfant, votre bébé. C’est normal, il est magnifique !

Vous vous sentez tour à tour épuisée, débordée, isolée, incomprise, compétente et incompétente, intensément heureuse et triste, voire impuissante. Vous manquez de sommeil, vous passez vos jours et vos nuits, vos nuits et vos jours à allaiter. Vous êtes partagée entre l’incrédulité d’avoir enfin votre bébé dans les bras, la joie, le bonheur de le regarder, le toucher, le sentir, l’embrasser encore et encore et en même temps, l’impression plus ou moins diffuse ou carrément paniquante d’avoir perdu à tout jamais votre liberté, d’avoir perdu le contrôle que vous aviez sur votre vie.

Devenir mère c’est faire le deuil de votre vie d’avant, c’est la naissance d’une autre version de vous-même. Celle à laquelle vous jouiez quand vous étiez enfant : une maman ! Ne vous inquiétez pas, la femme active, la professionnelle, l’amoureuse, l’amie n’ont pas disparu. Elles ne sont pas loin, elles reviendront. Elles se font discrètes pour laisser un peu de place, toute la place à celle dont votre bébé a le plus besoin, à celle qui doit trouver sa place, se faire confiance, s’épanouir : la mère en vous.

Devenir mère, ce n’est pas parce que c’est naturel que c’est forcément facile !

Mais ce n’est pas parce que c’est parfois difficile qu’il faut se mettre en petite boule et attendre que ça passe. De toute façon, votre bébé ne vous laissera pas le luxe de faire l’autruche. 😉

Tout ce que je viens de décrire peut se vivre de manière plus ou moins intense, plus ou moins fréquemment, plus ou moins longtemps. Chaque bébé est unique, tout comme vous, votre conjoint(e) votre famille.

Autorisez-vous à vous faire confiance, vous êtes avec votre conjoint(e) les spécialistes de votre bébé, autorisez-vous à essayer, à vous tromper, à recommencer.

Autorisez-vous à demander de l’aide, de personnes empathiques, à l’écoute et ouvertes à votre réalité. Au sein de votre entourage ou parmi des professionnels.

Je peux vous accompagner tout au long cette aventure à décoder votre bébé, à soulager vos problèmes d’allaitement, à trouver des pistes de solution pour le sommeil de votre bébé. Je peux vous accompagner sur le chemin d’une maternité sereine et épanouie de jour comme de nuit.